Menu
Libération

Hollande frappe avant d’entrer

Publié le 28/09/2015 à 21h36

La première frappe aérienne française dimanche en Syrie contre un camp d'entraînement de l'EI à Deir el-Zor a concrétisé le tournant de Paris, qui considère le groupe jihadiste aussi dangereux que le régime d'Al-Assad, refusant tout ce qui pourrait renforcer le second. Avec cette initiative à la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU, Paris veut revenir au centre du jeu diplomatique.«La France discute avec tous et ne veut écarter personne», souligne l'Elysée. Pour autant, «ce n'est pas parce qu'il y a un groupe terroriste [l'Etat islamique] qui lui-même massacre, tue, viole et détruit des patrimoines essentiels de l'humanité qu'il y aurait pour autant une sorte de pardon, d'amnistie pour le régime qui a créé cette situation […] Non», a martelé le président français à la tribune de l'ONU lundi. La transition politique en Syrie doit aboutir à «un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs incluant des membres du gouvernement actuel et de l'opposition […] Voila la base, utilisons-la, avançons», a lancé Hollande, déplorant que «certains pays veuillent incorporer Bachar al-Assad dans ce processus». La marge de manœuvre est étroite car le Kremlin veut en effet maintenir le dictateur syrien en fonction. «La Russie est autant une partie du problème que de la solution», souligne-t-on à Paris.

En marge du débat, le Président a également annoncé qu’il allait discuter avec ses partenaires de la création d’une zone d’exclusion aérienne qui pourrait se situer dans le nord de la Syrie. Cette décision pourrait figurer dans une résolution du Conseil de sécurité.

Dans la même rubrique