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Libération

Obama contraint de composer

Publié le 28/09/2015 à 21h36

Le président américain avait promis il y a un an «d'affaiblir et détruire» l'Etat islamique en lançant une coalition d'une soixantaine d'Etats, dont dix-huit participent d'une manière ou d'une autre aux opérations aériennes, même si, jusqu'ici, 95 % des frappes ont été menées par l'US Air Force. Cette stratégie, faute notamment de partenaires fiables au sol, a néanmoins montré toutes ses limites, permettant au plus de contenir l'Etat islamique, qui prospère dans le chaos.

Conscient de l'impasse, Barack Obama mise sur une solution politique : «Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays, y compris la Russie et l'Iran, pour résoudre le conflit», a-t-il lancé hier, tout en rappelant qu'«après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d'avant la guerre». Dans les mots tout au moins, cela signifie que pour Washington, comme pour Paris, Bachar al-Assad ne doit pas pouvoir à terme rester au pouvoir. Le président américain a dans son intervention dénoncé «un tyran qui massacre des enfants» et critiqué ceux qui, comme la Russie, le soutiennent, parce l'alternative serait «pire». Mais il accepte le dialogue, soulignant qu'il serait «irresponsable» de ne pas tenter cette carte, tout en s'interrogeant sur les véritables intentions russes. «Nous observons les actes et pas seulement les mots ; sur l'Ukraine, les actes ont rarement suivi les mots, mais sur le dossier du nucléaire iranien, la Russie a tenu ses engagements et joué un rôle constructif», déclare Ben Rhodes, un des proches conseillers d'Obama.

Mais nombreux sont ceux, notamment dans le camp républicain, qui s'inquiètent. «Les Russes ont profité du vide créé par la politique d'Obama pour remettre pied en Syrie et au Moyen-Orient et devenir un interlocuteur privilégié», souligne John Bolton, ancien ambassadeur de George W. Bush à l'ONU et «faucon» notoire, inquiet de «la volonté russe de redevenir une grande puissance mondiale».

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