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Analyse

Sondages de l’Elysée sous Sarkozy : Pierre Giacometti rattrapé par la justice

Publié le 29/09/2015 à 20h06

L'affaire des sondages de l'Elysée continue à se rapprocher de son ex-locataire. Après Patrick Buisson, mis en examen fin juillet, c'est au tour de Pierre Giacometti de l'être pour «recel de délit de favoritisme». Ex-patron d'Ipsos, le conseil en communication a facturé à l'Elysée pour plus de 2,1 millions d'euros de sondages entre 2008 et 2012. Des prestations réalisées sans le moindre appel d'offres, comme l'exige pourtant le code des marchés publics. Contrairement à Buisson, qui a commandé lui-même des dizaines de sondages avant de les refacturer à l'Elysée avec des marges indécentes, Giacometti s'est contenté de vendre ses analyses. «Il n'était pas payé pour commander des sondages, mais seulement pour les commenter», explique son avocat. Reste que ces analyses, payées sur fonds publics, ne relevaient pas toujours de l'intérêt général. Comme l'a révélé l'Obs,Giacometti s'est fendu en 2009 d'une étude sur l'impact de la candidature du fils Sarkozy à l'Epad…

Sur le fond, ce mélange des genres est assumé par Giacometti. Sur la forme, s’agissant de l’absence d’appel d’offres, le conseiller plaide la bonne foi. Il s’agirait d’une vieille pratique ancrée depuis des lustres à l’Elysée.

Reste que le délit, constitué, soulève une autre question : si Buisson et Giacometti sont poursuivis pour recel, qui le sera comme auteur principal de l’infraction ? Les faits ayant été commis sous son mandat, Sarkozy est protégé par son immunité présidentielle. Mais la Cour de cassation a estimé que tous les membres de son cabinet pouvaient être poursuivis dans ce dossier.

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