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Libération

A Beer Sheva, l’attentat le plus grave depuis le début de l’«intifada des couteaux»

ParNissim Behar
(à Tel-Aviv)
Publié le 19/10/2015 à 20h26

Trois morts (un militaire israélien, un travailleur africain, un terroriste) et dix blessés. Tel est le bilan de l'attentat perpétré dimanche soir à la gare routière centrale de Beer Sheva par un assaillant armé de couteaux et d'une arme de poing. Le bâtiment, qui comprend une galerie commerciale, était bondé à cette heure-là. Des familles, mais également de nombreux soldats en permission. Malgré les importantes mesures de sécurité prises sur l'ensemble de l'Etat hébreu - parmi lesquelles le renforcement du filtrage à l'entrée des lieux publics - l'assaillant n'a eu aucun mal à y pénétrer. Après avoir vidé le chargeur de son arme de poing, il s'est emparé du fusil-mitrailleur d'un soldat qu'il venait de tuer et a poursuivi son œuvre avant d'être abattu à son tour. Alors que la police dressait des barrages en pensant qu'un complice du terroriste venait de fuir en taxi, la foule déchaînée a voulu lyncher un Erythréen en croyant qu'il s'agissait également d'un poignardeur. En réalité, l'homme était un nettoyeur de surface. Blessé à la tête par le tir d'un agent de sécurité, il a été frappé au sol par des passants en fureur avant de mourir à l'hôpital. «A cause de la couleur de sa peau» , titrait lundi le quotidien populaire de droite Yediot Aharonot.

Cet attentat est le plus grave depuis le début de l'«intifada des couteaux». Pour les services de sécurité israéliens, il est également celui qui interpelle le plus, puisque les mesures de protection annoncées avec force par le ministère de la Sécurité intérieure se sont révélées inefficaces.

A Hébron (Cisjordanie), la ville où quatre Palestiniens ont été abattus durant le week-end après avoir tenté de poignarder des colons, l'attentat de Beer Sheva a été salué par des tirs de feu d'artifice. Et par des distributions de sucreries dans la rue. Parce que cette ville est un bastion du Hamas qui, avec le Jihad islamique, sont les seuls à appeler au durcissement de la révolte. A Ramallah, Mahmoud Abbas tente de la calmer, en dépit de ce que prétendent les dirigeants israéliens, qui l'accusent de «faire de l'incitation». Abbas maintient en personne un dialogue permanent avec les durs de son parti, notamment les cadres Tamzin, sa branche officielle et armée.

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