Le bras de fer continue. Après que la préfecture de Loire-Atlantique a annoncé, vendredi, la reprise des travaux sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les zadistes disent leur «détermination à empêcher toute tentative de démarrage des travaux ou d'expulsion». Il y a dix jours, Libération avait rencontré deux d'entre eux, Camille (1) et Maël, habitants de la «zone à défendre» depuis plusieurs années. «Si l'Etat veut nous expulser, il lui faudra de l'énergie. Ça va lui coûter cher», annonçait Camille. Depuis trois ans, les effectifs des zadistes ont gonflé. Ils sont aujourd'hui entre 100 et 300, occupant des maisons abandonnées ou des cabanes autoconstruites. «On a résisté en 2012 alors qu'on était peu nombreux et pas très bien organisés. Là, on est trois fois plus», expliquait Maël.
Les zadistes entendent gêner au maximum forces de l’ordre et engins de chantier. Ils savent aussi pouvoir mobiliser de nombreux militants de la région. En février, une manifestation contre le projet avait rassemblé entre 20 000 et 60 000 personnes à Nantes. Ces soutiens prêts à se réveiller risquent de compliquer la donne pour les pouvoirs publics. En 2012, des agriculteurs du coin, pour empêcher la reprise des travaux, avaient par exemple enchaîné une cinquantaine de tracteurs sur le site.
Certains, adeptes des actions non violentes, sont prêts à s'enterrer sur le passage des pelleteuses ou à se retrancher dans des cabanes perchées dans les arbres. D'autres n'hésiteront pas à recourir au rapport de force. «Quand viennent des forces armées pour détruire ta maison, disait Camille, tu ne te poses pas la question de savoir si c'est mal de jeter une pierre sur un flic.»
(1) Les prénoms ont été changés




