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Libération

Baptême de grève générale pour Tsípras

ParFabien Perrier
Correspondance à Athènes
Publié le 12/11/2015 à 19h46

Le vent est-il en train de tourner pour le Premier ministre grec ? A la tête du pays depuis le 25 janvier, Aléxis Tsípras affronte ce jeudi sa première grève contre les hausses d’impôts et la réforme des retraites, à laquelle appellent les deux confédérations syndicales (du public et du privé). Cette grève générale de vingt-quatre heures qui paralyse notamment les services publics, s’inscrit sur un fond d’insatisfaction grandissant. Même Syriza, le parti de Tsípras, a appelé à y participer. La semaine dernière, les marins étaient en grève, bloquant pendant plusieurs jours la circulation entre les îles et le continent. Les étudiants ont manifesté et des tentes sont apparues à proximité du ministère de l’Economie. Elles sont occupées par des fonctionnaires mécontents des premières mesures prises par le gouvernement «Tsípras 2», mis en place après les législatives du 20 septembre.

Ce jeudi, à la manifestation d'Athènes, le Pame, le front syndical du KKE, le parti communiste, fait bande à part en tête du cortège : «Non au démantèlement de l'assurance sociale. Non aux réquisitions des maisons par les banquiers. A bas la taxation !»

Dans ses rangs, une architecte au chômage s'insurge : «Le troisième accord qu'Aléxis Tsípras a signé avec les Européens va s'appliquer jusqu'en 2037 ! Nous ne connaîtrons qu'une chose dans notre vie : l'austérité.» Elle déplore la «casse des droits sociaux», des «salaires de misère à 200 ou 250 euros». Dans sa ligne de mire : Tsípras et Syriza. Dans le cortège, les manifestants ont une autre cible : l'Union européenne. «Merkel ne veut plus de "je vous en supplie". Et Tsípras baisse encore plus la tête», ironise le slogan du syndicat enseignant (Olme).

Prof de coiffure, Konstandina Giannopoulou veut néanmoins «soutenir Aléxis Tsípras»… Tout en sachant que«devant nous, c'est le précipice. Derrière nous, la mer déchaînée». «Il faut être là, derrière lui», renchérit Christina Lazaropoulou, biologiste de 52 ans. «Le gouvernement ne peut pas tout, tout seul, nous devons lutter !» Dans le cortège, beaucoup de jeunes. Et Zoe Konstantopoulou, l'ex-présidente du Parlement devenue une ardente opposante à Tsípras.

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