«C'est comme si on était dans un hélicoptère et qu'on ouvrait les portes pour balancer des billets de banque sur les gens.» Certes, l'image est un poil exagérée. Mais c'est elle qui revient le plus souvent pour expliquer ce que les économistes appellent une politique monétaire non conventionnelle. Et c'est, grosso modo, celle adoptée depuis le 21 janvier par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Ça s'appelle le QE, pour quantitative easing. Une grosse artillerie monétaire non conventionnelle qui bombarde déjà les marchés à hauteur de 60 milliards d'euros tous les mois. L'objectif est d'enclencher un cercle vertueux : sous l'effet de la forte demande, la valeur des obligations augmente et les taux d'intérêts baissent, ce qui pousse les banques à placer leur argent ailleurs, notamment à prêter aux entreprises et consommateurs. Le tout en mettant les taux d'intérêts proches de zéro. Là aussi dans l'espoir d'inciter ménages et entreprises à consommer et investir à crédit. Le résultat ? Il est pour le moins mitigé (ci-contre, une conférence de presse chahutée de Mario Draghi). D'accord, la croissance est légèrement en hausse. Mais pas de quoi crier victoire pour autant. En attendant, l'open bar de la Banque centrale européenne a peut-être contribué à la formation d'une bulle sur les marchés financiers qui, de leur côté, profitent à fond de sa magnanimité.
Rétro 2015
Mario Draghi : billets en tête
Publié le 30/12/2015 à 17h31
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