Touadéra, la surprise du scrutin
Anicet Dologuélé, économiste de 58 ans, qui a servi à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), ancien Premier ministre (1999-2001) du président Ange-Félix Patassé, a toujours été perçu comme l'un des favoris. Il espérait une victoire dès le premier tour. «Je reste satisfait. La répartition des votes crée une situation qui pousse à former des alliances, dit-il. Cela permet d'avancer vers une logique de rassemblement, positive pour le pays».
Faustin Touadéra, considéré comme un outsider, est la surprise de ce scrutin. Mathématicien de formation, il a été, de 2008 à 2013, le Premier ministre de l'ex-Président François Bozizé, renversé en 2013. Il disposait d'un budget de campagne beaucoup plus restreint que son rival, qui sillonnait le pays en avion. «Il est perçu comme un homme modeste et proche du peuple, dit un diplomate à Bangui. Il est aussi apprécié des fonctionnaires car, pendant son mandat de Premier ministre, les salaires étaient payés».
Le Kwa Na Kwa (KNK), parti de François Bozizé, qui jouit encore d'une large force électorale à travers le pays, avait appelé à voter pour Anicet Dologuélé. Mais les scores élevés de Faustin Touadéra à Bangui et dans l'ouest du pays, fiefs du KNK, prouvent que beaucoup de partisans n'ont pas suivi la consigne et ont préféré se rallier derrière lui.
Démocratie balbutiante
«Si à l'issue de celui-ci, un candidat se démarque largement, il ne devrait pas y avoir trop de contestation, confie une source sécuritaire. Mais si c'est serré, le risque est beaucoup plus élevé.» Depuis que les regards se sont tournés vers la campagne électorale, les affrontements ont cessé dans le pays. Mais le jeu démocratique n'en est qu'à ses balbutiements, et tant la population que les observateurs internationaux savent que la paix reste fragile.




