Depuis le début 2015, plus d'un million de migrants sont entrés sur le continent européen. Une vague tellement importante que l'Union européenne avait pris, en septembre, la décision de mettre en place un «mécanisme de relocalisation d'urgence» qui devait permettre de désengorger l'Italie et la Grèce, les deux pays les plus concernés par l'arrivée de migrants. 160 000 «relocalisations» doivent ainsi être effectuées dans les 26 autres pays de l'Union.
La semaine dernière à Strasbourg, Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, s'est montré très pessimiste au sujet de l'objectif d'accueil fixé par le Conseil : «Nous manquons de temps, les chiffres actuels ne sont pas soutenables.» Demandant «une forte réduction» du nombre d'arrivée de migrants dans «les six à huit prochaines semaines», il s'est donné deux mois pour endiguer le flux des arrivants.
Pourtant, depuis septembre, les progrès sont bien maigres. Un communiqué de la Commission européenne récapitule l'état actuel de ces «relocalisations». Seulement onze pays ont commencé à accueillir ces réfugiés. Au total, ce sont 351 personnes qui ont été dispatchées en Europe. Un chiffre ridiculement faible six mois après la mise en place du dispositif.
Ce sont 4 237 places qui ont été rendues disponibles dans 17 pays. Mais tous les Etats n'ont pas pour autant accueilli le quota de réfugiés demandé par la Commission. Encore une fois, la mobilisation des Européens a été très faible et le nombre de places à libérer – 97 923 selon la Commission – reste monumental.
L'idée avancée en septembre par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, de mettre en place un «mécanisme permanent de relocalisation», a aujourd'hui du plomb dans l'aile. Depuis les attentats de novembre à Paris, la bonne volonté des pays européens s'est encore atténuée. La Suède, qui a accepté sur son territoire 39 réfugiés transférés depuis l'Italie, a obtenu de se retirer du processus pour le moment. La Pologne a quant à elle déclarée en novembre qu'«elle ne voyait pas la possibilité politique» de respecter les décisions du Conseil européen.
La volonté des réfugiés pose aussi problème pour leur répartition dans les différents pays européens. Quand certains préfèrent gagner l'Allemagne plutôt que la France ou le Portugal.
Lors d'une réunion informelle des ministres de l'Intérieur et de la Justice à Amsterdam, le 25 janvier, Bernard Cazeneuve a annoncé que 43 réfugiés arrivaient en France dans le cadre du dispositif de «relocalisation». Un chiffre qui devrait atteindre les 30 000 dans deux ans si les objectifs sont respectés.




