Au lendemain du quatrième essai nucléaire nord-coréen, le 6 janvier, la Chine avait indiqué son «opposition». Elle s'était également ralliée à la déclaration inoffensive des membres du Conseil de sécurité de l'ONU, qui avaient fustigé des «violations dangereuses et graves» des résolutions. Mais passé les condamnations d'usage, Pékin n'a pas franchement donné l'impression qu'il allait mettre la pression sur son allié. «En dépit du caractère erratique des Nord-Coréens et des nombreux problèmes posés par leurs agissements, la Chine a stratégiquement besoin d'un Etat tampon, explique Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. Elle n'est évidemment pas satisfaite d'une Corée du Nord qui se donne les moyens de ne pas être totalement dépendante de Pékin. Mais elle redoute plus une Corée réunifiée avec une péninsule sous influence américaine si le régime du Nord devait s'effondrer.»Le régime chinois a suffisamment à faire avec la restructuration de son économie, la lutte contre la corruption et l'affirmation contestée de son hégémonie en mer de Chine méridionale pour ne pas ouvrir un foyer de tension potentiellement déstabilisateur.
Partisan d’un statu quo, Pékin s’est montré agacé dimanche et a convoqué l’ambassadeur sud-coréen pour protester contre la décision de Séoul d’entamer des pourparlers avec Washington sur le déploiement d’un système de défense antimissile. Après le tir de Pyongyang, les responsables militaires américains et sud-coréens ont annoncé l’ouverture de discussions officielles sur la mise en place de Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), un bouclier antimissile parmi les plus sophistiqués du monde.




