Belfast, printemps 2014. Une jeune fille de 19 ans tombe enceinte. Elle évoque à ses colocataires son désir d'aller avorter dans une clinique en Angleterre - la seule solution, puisque, en Irlande du Nord, l'IVG est interdite. Mais elle ne parvient pas à réunir l'argent nécessaire pour le voyage. Elle achète donc sur Internet des pilules abortives - de la mifépristone et du misoprostol. Le 12 juillet 2014, elle met fin à sa grossesse. Le lendemain, ses colocataires trouvent des affaires imprégnées de sang et le fœtus dans la poubelle commune. Selon la procureure de la Couronne, ces derniers décident de la dénoncer à la police car ils estimaient que la jeune fille avait, à ce sujet, «une attitude qui semblait indifférente». Elle vient d'être condamnée à trois mois de prison avec sursis. L'Irlande du Nord ne reconnaît pas la loi de 1967 autorisant l'IVG en Grande-Bretagne. Là-bas, l'avortement peut ainsi être puni d'une peine de prison à vie, en vertu d'une loi, la plus répressive d'Europe : la «1861 Offences Against the Person Act». Malgré les poussées du camp «pro-choix», l'Assemblée nord-irlandaise a fini par voter, en février, contre l'assouplissement de la législation sur l'avortement, même après un viol ou en cas de malformation du fœtus.
Condamnée à trois mois de prison avec sursis pour avoir avorté
Publié le 05/04/2016 à 20h11
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