On le connaît moins mais le cinéma est-allemand est intéressant d’un point de vue historique, mais aussi artistique. Après la guerre, la Deutsche Film AG (DEFA) devient la seule société de production autorisée par les Soviétiques en Allemagne de l’Est. Réalisateurs, acteurs, actrices, techniciens, tous sont salariés de la DEFA, qui produit une quinzaine de films par an. D’abord en dehors de toute ingérence politique. Dans ces premières années, on peut même apercevoir des Piccoli, Montand ou Signoret. Cela ne va pas durer et priorité va être donnée à l’idéologie. Si le financement est garanti, les scénarios doivent être validés. La DEFA parviendra toutefois à aborder tous les genres, du film politique à la comédie romantique en passant par le western (mais en se plaçant du côté des Indiens, lutte contre l’impérialisme américain oblige). Et parfois à faire émerger des jeunes épris de liberté et de nouvelles expériences artistiques, avides aussi d’une RDA plus démocratique. A chaque fois, la répression politique aura raison de ces vents de fraîcheur. A la chute du Mur, la DEFA aura 700 films à son actif. Et au meilleur de sa forme, elle aura réussi à montrer la réalité de la vie de l’autre côté du rideau de fer.
Critique
Cinéma au pied du Mur
ParDavid Carzon
Publié le 24/05/2016 à 17h51
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