Il n'est pas encore mis en examen. Mais il est pour l'instant le seul suspect arrêté dans l'enquête sur le meurtre de Jo Cox, députée travailliste britannique, jeudi. Thomas Mair a été reconnu par des voisins comme l'homme s'étant jeté sur l'élue avec un couteau et une arme à feu dans la ville de Birstall. Mais la police n'a divulgué que très peu d'informations sur l'homme arrêté, en dehors de son âge, 52 ans.
Jeudi soir, le Southern Poverty Law Center, une association américaine qui traque les néonazis, a assuré, copies de factures à l'appui, que Mair avait acheté pour 620 dollars (environ 550 euros) de publications de la maison d'édition néonazie National Vanguard Books, liée à l'organisation National Alliance. Notamment, en 1999, notamment un Manuel des munitions artisanales, qui expliquait comment fabriquer un revolver. L'arme de l'agresseur pourrait être en effet de fabrication maison, la Grande-Bretagne contrôlant strictement le port d'armes.
De son côté, le journal anglais The Telegraph a découvert que Thomas Mair, bien que né en Ecosse, serait un des premiers souscripteurs de S.A. Patriot, un magazine sud-africain suprémaciste blanc et pro-apartheid. Des gens assurent par ailleurs l'avoir entendu crier «Britain First!» («La Grande-Bretagne d'abord») lors de l'agression.
Soins psychiatriques
Parallèlement, Scott Mair, son frère de 49 ans, a assuré que son aîné est non-violent et apolitique, et était suivi pour des troubles mentaux. Selon un article d’un journal local datant de 2010, il avait en effet fréquenté un programme local de soins psychiatriques.
Sans éléments tangibles, les sources d'information restent les voisins, qui parlent d'un homme «solitaire», «calme», qu'ils voyaient souvent devant sa télévision et son ordinateur, qui disait bonjour et les aidaient à couper leur haie. Il n'avait jamais eu de travail à plein-temps, et vivait seul dans sa petite maison de Birstall depuis la mort de sa grand-mère, il y a vingt ans.
Des éléments bien fragiles, qui resteront les seuls disponibles si la mise en examen est confirmée ce vendredi : selon le droit britannique, la presse n’aura alors plus le droit de publier des informations sur le meurtrier présumé de Jo Cox.




