Que faire des indésirables ? De ces fugitifs du monde contemporain qu'on appelle migrants ou réfugiés ? La solution la plus répandue, c'est de les parquer dans un lieu clos. Le problème, c'est que cette réponse «technique» aux malheurs du monde a fini par créer un monstre, explique Anne Poiret, auteure de docus sur l'Afrique, et qui cette fois-ci tente de cerner les contours d'un pays virtuel de plus de 17 millions d'habitants : celui des camps de réfugiés, devenus de véritables villes éparpillées à travers le monde. Les réfugiés possèdent tous les mêmes caractéristiques orwéliennes (interdiction d'en sortir, interdiction de travailler et dépossession d'identité) : enregistrés, fichés, ils deviennent des apatrides dépendant des institutions humanitaires. Avec une acuité glaçante, la journaliste nous conduit de la Tanzanie à la Jordanie, en passant par le Kenya, dans cet univers parallèle qui finit par s'enraciner en marge du pays d'accueil. Dérangeant et effrayant, le voyage s'achève à Idomeni, dans le nord de la Grèce. Reste que ce camp-là s'est imposé par la seule volonté des réfugiés, refusant de se sentir exclus de l'Europe. D'ailleurs il n'existe plus : ses «habitants» ayant été conduits, fin mai, dans de «vrais» camps, autant de prisons à ciel ouvert.
A la télé ce soir
"Bienvenue au Réfugistan" : chercher refuges
Anne Poiret raconte comment les camps de réfugiés sont devenus de véritables villes éparpillées à travers le monde.
DR
Publié le 20/06/2016 à 17h11
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