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Taux d'intérêt

La banque centrale des Etats-Unis se dirige tout droit vers un nouveau statu quo monétaire

La FED a entamé mardi une réunion de deux jours à l'issue de laquelle elle devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés face à des chiffres économiques mitigés aux Etats-Unis et une situation internationale difficile.

Janet Yellen, présidente de la Fed, le 17 septembre. (Photo AFP)
Par
Lolita Sabbah
Publié le 27/07/2016 à 8h26

Croissance économique toujours au rendez-vous, niveau d’investissement des entreprises à faire pâlir d’envie la plupart des pays de la zone euro, taux de chômage qui flirte avec une situation de quasi-plein-emploi (6,1%)… A priori, tous les indicateurs économiques des Etats-Unis sont verts. Tous… Sauf un. Celui de l’inflation. Carrément faiblarde (1% en juin), elle continue d’interroger sur le véritable état de santé de la première puissance économique mondiale.

Car, entre croissance et inflation, les liens sont de moins en moins évidents. D’ordinaire, lorsque la machine économique tourne à (pratiquement) plein régime, elle finit par déclencher une hausse des prix… Certes, les Etats-Unis ne sont pas, contrairement à la zone euro, menacés par le spectre de la déflation. Pour autant, d’inflation il n’est question. Résultat, la FED (Réserve fédérale américaine), gardienne en chef du niveau général des prix, devrait aujourd’hui, à l’issue d’une réunion de deux jours, décider de ne pas agir sur le levier d’une hausse des taux d’intérêt.

Quatre augmentations de taux en 2016

Depuis décembre 2015, lors de la dernière remontée des taux (entre 0,25% et 0,50%), la Fed avait annoncé la couleur : ce sera quatre augmentations de taux pour l’année 2016. Mais aujourd’hui, sept mois plus tard, rien. Pas le moindre relèvement du loyer de l’argent. Un immobilisme qui s’est installé au fil des réunions de la banque centrale des Etats-Unis.

Certes Janet Yellen, sa présidente, a (une fois encore) laissé planer le doute : «Il n'est pas impossible que d'ici juillet, par exemple, nous observions des chiffres qui nous conduisent à conclure que nous sommes dans une situation parfaitement adaptée.» Comprendre : les conditions d'une hausse des taux seront là en juillet. Mais rares sont les spécialistes prêts à prendre les paris sur une éventuelle prochaine hausse des taux.

Incertitude économique mondiale

En réalité, rien ne semble plaider en faveur d’une hausse prochaine. D’autant que l’inflation des Etats-Unis n’est pas le seul indicateur qui semble inquiéter la plupart des banquiers centraux, comme la patronne de la Fed. Il y a, au-delà de la situation propre aux Etats-Unis, une incertitude économique mondiale toujours plus importante. Il suffit de jeter un œil sur la croissance et le commerce mondial pour s’en convaincre. Ces deux derniers indicateurs, pris séparément, ne dépasseront pas les 2,5% de croissance cette année selon la plupart des prévisions. Pas de quoi remplir les carnets de commandes des entreprises de l’oncle Sam.

Le tout avec un Brexit qui, selon nombre d’experts, pourrait peser sur l’activité des pays de la zone euro. Au bout du compte, Janet Yellen a peu de raisons de mettre en place une politique monétaire légèrement restrictive en agissant sur une hausse des taux. Sans doute le fera-t-elle lorsque la jauge du niveau des prix se rapprochera de la cible fixée à 2% par la banque centrale américaine. A l’instar de William Dudley, le président de la FED de l’Etat New York, nombre de «patrons» d’autres banques régionales des Etats-Unis estiment qu’il faudra des preuves tangibles d’une poussée inflationniste avant de déclencher le processus d’une hausse des taux.

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