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Twitter, fil conducteur pour suivre la bataille de Mossoul

La bataille de Mossouldossier
Journalistes, observateurs et combattants relaient, en direct, les affrontements en cours visant à reprendre la deuxième ville irakienne des mains de l'Etat islamique.
Des combattants peshmergas kurdes se déploient, le 17 octobre 2016, au sommet du mont Zardak à 25 km à l'est de Mossoul, pour lutter contre les soldats de l'Etat Islamique (EI). (Photo Safin Hamed. AFP)
publié le 19 octobre 2016 à 14h11
(mis à jour le 19 octobre 2016 à 14h53)
Après des mois d’avancée pas à pas, l’armée irakienne régulière a lancé son offensive sur Mossoul le 16 octobre au soir. Elle est accompagnée par des soldats kurdes et iraniens, et soutenue par la coalition internationale. En face, les combattants de l’Etat islamique tiennent la ville depuis juin 2014.
Les forces gouvernementales attaquent la ville par le sud, les peshmergas kurdes par l’est et la coalition par les airs. La bataille pourrait durer plusieurs semaines à en croire Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense.

Parmi tous les belligérants, de nombreux soldats sont équipés de téléphones portables et partagent leurs faits d'arme sur Internet ; leurs organisations ont chacune des comptes officiels sur les réseaux sociaux ; de multiples observateurs relaient eux aussi en direct infos, photos et vidéos. Tous ces messages sont postés massivement sur Twitter, plus rarement sur Facebook Live, marqués des hashtags #MosulOp ou #MosulOps (pour «opération(s) de Mossoul»). Dans ce flot d'informations, Libération vous aide à repérer qui parle, et dans quelle zone.

La vidéo ci-dessus est issue du compte Twitter de Haidar Sumeri, un observateur du Moyen-Orient focalisé surtout sur l'Irak : lors de frappes au sud de Mossoul par les forces de l'armée régulière, le lundi 17 octobre, on voit des soldats filmer les combats avec leurs téléphones portables.

Les combattants

Petit rappel élémentaire : ces comptes sont des relais de propagande, tenus par des services de communication diffusant les informations à condition qu’elles les servent.

Le compte de l'armée du Kurdistan sur Twitter met en scène les faits des peshmergas. Dans le même camp, le commandement en chef des Kurdes a son propre compte Twitter. Au programme : des photos et des vidéos, les cartes des avancées de l'armée, le tout en anglais et en arabe.

L'armée régulière irakienne relaie elle aussi son action quasiment en direct, et publie parfois le making-of d'une guerre en train de se jouer, à travers par exemple ce selfie d'un pilote.

La coalition internationale, Global Coalition en anglais, communique également. Le compte est un agrégateur d'informations assez institutionnel, relayant des articles de journaux, mais donnant aussi les bilans officiels.

L'Etat islamique, enfin, voit régulièrement ses profils Twitter supprimés par la plateforme, mais les informations de son agence officielle de propagande, Amaq, sont très régulièrement relayées par d'autres comptes. On peut les consulter via les hashtags #Amaq et #AmaqAgency.

Les observateurs

Nina Walch est coordinatrice des conflits armés pour Amnesty France et publie par exemple sur son compte Twitter le dernier rapport d'Amnesty International sur les violations des droits humains des civils fuyant l'Etat islamique alors que l'ONU craint un afflux de réfugiés d'ici une semaine.

Michael Horowitz, analyste géopolitique et sécuritaire, dispose d'un compte certifié et relaie entre autres des informations périphériques à la bataille de Mossoul comme cette manifestation qui s'est déroulée devant l'ambassade de Turquie à Bagdad, lundi 17 octobre, pour dénoncer la présence militaire des Turcs dans ce conflit.

Le compte de Human Rights Watch suit particulièrement la situation en Syrie et en Irak. L'association donne régulièrement des informations – à propos des dommages subis par les civils – sur la situation à Mossoul.

Les journalistes

Luc Mathieu est l'envoyé spécial de Libération sur place. Il est actuellement à Khazir, dans le Kurdistan irakien et vous pouvez lire ici son reportage.

Laura-Maï Gaveriaux est une journaliste reporter en Irak et en Syrie, son compte est certifié. Elle détaille son parcours et nous explique sa démarche au fil des tweets :

A ce moment là, elle se trouvait dans le camp de Debagha, avec des habitants de Mossoul, et suivait les équipes du UNHCR qu'elle a croisées sur son chemin. Et de nous prévenir dans un autre tweet que cette bataille sera «une des guerres à l'accès le plus verrouillé qui soit». Pourquoi ? Parce que les armées ont compris l'importance des images en direct et proposent aux reporters de faire partie d'un pool de journalistes embarqués – plus sécurisant, mais où l'actualité est vue d'un seul angle. D'autant plus que ce «storytelling», selon elle, aurait des conséquences non négligeables, dont celle-ci :

Kareem Fahim, du Washington Post, est de ceux-là. Il suit l'avancée de la bataille aux côtés des forces kurdes qui progressent sur le terrain, venant de l'est.

Samuel Forey est également sur place. Lui a pris place dans les tanks de l'armée irakienne et raconte très précisément l'avancée des troupes via un live tweet.

Mike Giglio, correspondant de BuzzFeed basé en Turquie, se trouve en ce moment même à Mossoul et relate les stratégies des différentes factions.

Dans le tweet ci-dessous, il tire un bilan de la première journée des combats aux abords de Mossoul : «Un rapide succès pour les forces anti-Daech, mais les soldats et les analystes disent que ça peut changer».

Les médias 

La chaîne qatarie Al-Jezira déploie les gros moyens pour relayer depuis des années, en arabe et en anglais, les événements au Proche-Orient. Sa page Facebook propose notamment des vidéos en direct (Facebook Live), comme ce mardi 18 octobre dans le camp de Debagha aux portes de Mossoul.

We're at a refugee camp near Mosul

We're at Debaga IDP camp, south east from Mosul. People here are preparing for a humanitarian crisis as civilians flee Mosul.

Posted by Al Jazeera English on Tuesday, October 18, 2016

RudawEnglish (@RudawEnglish), un média kurde basé à Erbil, centré sur le Kurdistan, vous propose une couverture live en anglais des événements. Ce compte est suivi par plus de 190 000 personnes.