«Désastre», «honte», «Watergate», «déni»… Philip Alston, le rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, n'y est pas allé de main morte, mardi à l'ONU. Longtemps, l'organisation a refusé de reconnaître sa responsabilité dans l'importation du choléra en Haïti en 2010, après plus d'un siècle d'absence et peu de temps après le tremblement de terre. L'épidémie, qui sévit toujours, a tué plus de 9 300 Haïtiens et fait plus de 800 000 malades. L'ONU attribuait la maladie à une «combinaison de facteurs», alors que de nombreuses études scientifiques ont montré qu'elle a été importée par des Casques bleus népalais de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti). L'ONU prévoit désormais de débloquer 400 millions de dollars pour indemniser les victimes du choléra et pour financer des travaux d'assainissement. Mi-août Ban Ki-moon avait reconnu du bout des lèvres que l'ONU avait «une responsabilité morale vis-à-vis des victimes». Morale, donc, mais pas juridique: l'ONU a invoqué son droit à l'immunité.
Choléra en Haïti : la «honte» de l’Onu
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Publié le 27/10/2016 à 19h21
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