En Russie, les régimes passent, le KGB demeure. Rebaptisé FSB, il est sans doute à l’origine, lui ou l’un de ses pseudopodes, de l’opération de déstabilisation politique lancée par plusieurs officines russes pour influer sur l’élection américaine. Formé à cette école des coups tordus, Vladimir Poutine a maintenu en l’état, à peine ripolinée, cette institution centrale du régime soviétique fondée par Lénine au lendemain de la révolution d’Octobre (sous le nom de Tchéka) et développée par ses successeurs. La dictature totalitaire a laissé la place à un système intermédiaire, autoritaire et partiellement démocratique, qu’on appelle désormais «démocrature». Les méthodes ont donc changé. A la désinformation traditionnelle a succédé une forme bien plus subtile et redoutable d’action psychologique, fondée sur la cybertechnologie la plus en pointe : l’usage de la vérité sélective comme arme politique. En révélant certains secrets de campagne du Parti démocrate, Poutine et ses sbires ont volontairement favorisé Donald Trump. Lequel renvoie l’ascenseur en feignant de tenir ces polémiques pour subalternes. Comme la Russie poutinienne prétend désormais à un rôle mondial, les cibles potentielles de cette guerre des réseaux sociaux sont partout, notamment en France. Obama fait bien de tirer la sonnette d’alarme. Aux démocraties de réagir.
Editorial
Coup tordu
Publié le 30/12/2016 à 20h36
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