Triomphalement élu en mai face aux candidats des grandes familles, l'avocat Rodrigo Roa Duterte est arrivé comme une comète à la présidence des Philippines. Et depuis son investiture en juillet, son mandat est une longue traînée de poudre et de sang. Au nom d'une opération antidrogue que Duterte a lui même initiée, plus de 6 000 personnes ont été abattues par la police et la pègre. Dans une Asie en tension sécuritaire, les Philippines sont devenues un «Far East» de la dinguerie où règne l'impunité. Pour montrer l'exemple, Duterte a admis avoir tué «personnellement» des délinquants présumés quand il était maire de Davao, son fief pauvre du sud. Sa présidence, qui a les faveurs des Philippins lassés par des décennies d'inaction et de corruption, est un feuilleton : il fait des doigts d'honneur à l'Union européenne, traite Obama de «fils de pute», enterre l'ex-dictateur Marcos au cimetière national des héros et fait ami-ami avec les Russes et les Chinois. Des sénateurs songent à un impeachment (destitution). Duterte n'exclut pas de ne pas voir la fin de son mandat. Il s'est dit «prêt à mourir» au nom de sa guerre antidrogue.
Duterte/ Un shérif, un punisseur et un président
Publié le 30/12/2016 à 17h16
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