On s’approche au plus près des corps, des cicatrices, mais aussi des visages, souvent graves ou pensifs, dans ce documentaire que le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun consacre aux victimes de la dictature d’Hissène Habré, qui a régné d’une main de fer au Tchad de 1982 à 1990. Un film présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes. Peut-être fallait-il la marque d’un vrai cinéaste pour réussir à nous imposer l’évocation de ce cauchemar avec une étrange et paradoxale douceur. Il y a des silences, le bruit du vent dans les arbres, la sensation du temps qui s’est figé pour ceux qui évoquent face à la caméra des tortures insoutenables. La voix du cinéaste, parti en exil après l’arrivée d’Habré au pouvoir, se mêle à celles d’hommes et de femmes ordinaires, broyés par une machine criminelle d’Etat. 40 000 personnes ont été exterminées par ce régime sanguinaire. Et ceux qui ont survécu n’ont jamais retrouvé une vie «normale». Mais Habré a fini par être rattrapé par la justice dans son exil au Sénégal. Et condamné à la prison à perpétuité en mai 2016, à l’issue d’un procès historique, sur lequel s’achève ce film. Enfermé dans son déni, il a depuis fait appel. Ce second procès se déroule actuellement à Dakar.
Critique
Tchad, machine à broyer
Publié le 24/01/2017 à 17h36
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