Il n'est jamais trop tôt pour sensibiliser les plus petits aux discriminations. C'est en tout cas l'objectif d'une nouvelle école maternelle qui devrait ouvrir ses portes à l'automne 2017 à Seattle, dans le quartier de Columbia City, l'un des plus riches en minorités aux Etats-Unis. Celle-ci sera chapeautée par la Columbia Church of Hope, une institution religieuse progressiste qui dit être ouverte à tous et œuvrer pour la justice sociale.
Si les cours d'études post-coloniales et de «gender studies» sont légion dans les universités américaines (contrairement à la France, encore rétive à ces champs d'études), cette initiative qui vise à fournir certains outils de compréhension survient-elle trop tôt dans le parcours scolaire ? Hormis dans les commentaires hostiles du site ultra-conservateur Breitbart, qui crient au lavage de cerveau «anti-blancs», l'idée ne fait pour l'instant pas débat. Une mère interviewée par la chaîne King5 semble séduite : «J'aime l'idée que les enfants soient exposés à des modèles identificatoires qui ne leur ressemblent pas forcément. A la maison, c'est plutôt la culture des princesses Disney qui prédomine.»
D'autres expériences pédagogiques du même ordre ont déjà eu lieu, comme à l'école primaire new-yorkaise de Fieldston ou à la fac d'Evergreen, où ont lieu des ateliers pour aider les parents à désamorcer les biais sexistes ou racistes chez leur progéniture. Interrogé par le magazine the Atlantic, Zion Agostini, un collégien de 15 ans issu d'un quartier afro-américain de Brooklyn, racontait l'an dernier avoir assisté depuis toujours à des violences policières à l'encontre de la communauté afro-américaine, y compris en allant à l'école. Selon la publication, le racisme contribue au stress des élèves tout en nuisant aux études. Une étude publiée dans Social Psychology and Personality Science révèle également que les élèves issus des minorités ne profitent pas nécessairement d'une éducation «color-blind» (qui n'évoque pas les questions de couleurs et traite tout le monde pareil), au contraire. «L'origine ethnique est centrale dans leur identité, c'est une source de bien-être psychologique et un prisme au travers duquel les autres les perçoivent.»




