A première vue, les faits rappellent l’attaque londonienne de la veille. Jeudi matin, une Citroën break rouge immatriculée en France fonce à toute vitesse sur la principale artère commerçante de la ville d’Anvers, en plein centre historique de la ville flamande. Mais les similitudes s’arrêtent là. Les passants ont évité de justesse le véhicule.
Vers 10 h 45, des militaires tentent de stopper la voiture qui parvient à s'échapper. Selon les informations du parquet fédéral belge, c'est vers 11 h 45 que l'équipe «d'intervention de la police d'Anvers intercepte le véhicule» sur un parking accolé au fleuve l'Escaut, près du quai Sint-Michiels. «Intercepter» : un bien grand mot lorsqu'on sait que le véhicule était à l'arrêt, tout comme son conducteur. Ce dernier ne se montrait plus très vaillant malgré sa tenue de camouflage. «L'homme a été arrêté assez facilement dans sa voiture garée,selon une source proche du dossier. Il a été repéré quasiment en train de dormir. Il est d'ailleurs impossible de l'auditionner pour l'instant car il est sous influence d'alcool ou de drogues et a été placé en cellule de dégrisement. L'histoire se dégonfle un peu mais tout reste possible. Nous restons vigilants.»
Armes
L'homme n'est pas un chauffard aviné comme un autre. Les services de police ont trouvé dans le coffre de la Citroën des armes blanches et un «riot gun», sorte de fusil à pompe à canon court. Un bidon vide était dissimulé à l'arrière du véhicule, mais le liquide qu'il contenait était encore indéterminé jeudi soir. En fin d'après-midi, les autorités ne qualifiaient pas cette attaque de «terroriste». «Il faut vraiment être prudent», martèlent en boucle les officiels. «C'est peut-être juste un gars bourré qui a voulu imiter l'attaque de Londres sur un coup de tête», ajoute un policier.
Le profil du conducteur de la Citroën reste assez vague. Il est de nationalité tunisienne, mais réside à Lens (Pas-de-Calais). Agé de 39 ans, Mohammed R. n'a pas de fiche S et n'aurait aucune accointance connue avec des groupes terroristes ou islamistes radicaux. Mais est plutôt associé en France pour des «faits de petite délinquance». Selon la RTBF, Mohammed R. aurait été impliqué dans du trafic de drogue.
Prudence
Jeudi soir, les responsables politiques belges redoublaient également de prudence. Bart De Wever, bourgmestre d'Anvers et héraut de la droite nationaliste flamande, a salué «l'intervention rapide» des services de police et des militaires, sans parler d'attaque à caractère terroriste. La surveillance a tout de même été renforcée à Anvers. Quant au Premier ministre, Charles Michel, il ne s'est pas avancé sur une qualification de cet événement. Son porte-parole, contacté par Libération, confirme «qu'en l'état actuel des choses et de nos informations, le niveau de la menace ne change pas». Ce niveau, évalué par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, est situé à 3 sur une échelle de 4 depuis avril 2016.




