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Libération

Sur les traces de Lénine à Berlin

Publié le 11/04/2017 à 21h26

Avril 2017. Une mère russe et sa famille attendent à la gare de Berlin leur correspondance pour Sassnitz, nous dit la légende de cette image prise par Thomas Dworzak, photographe de l'agence Magnum, qui évoque au cours d'une série pour Libération le retour en Russie de Lénine cent ans plus tôt.

Avril 1917. Dès l’entrée en Allemagne du train dans lequel ont pris place à Zurich le père de la future révolution d’octobre et sa petite bande de bolcheviques, le statut d’extra-territorialité de leur voiture est scrupuleusement respecté : un trait à la craie les sépare de leur gardes allemands. Lesquels leur ont confisqué leurs provisions à la frontière suisse. Côté révolutionnaires, on dort et on fomente le renversement du gouvernement provisoire russe au profit du soviet de Petrograd. Et on crève un peu la dalle. Lénine a exigé ce statut afin d’éviter toute accusation de coopération avec l’Empire allemand. La propagande bolchevique popularisera ensuite la légende du «wagon plombé». Il s’agit en fait d’une voiture ordinaire et les agents allemands ont seulement exigé que les rouges ne parlent à personne. Un marché de circonstance qui arrange les deux parties : l’Empire allemand voit d’un très bon œil le retour en Russie d’agitateurs politiques ; Lénine doit rentrer fissa pour imposer la révolution prolétarienne, sans passer par l’étape de la révolution bourgeoise théorisée par Marx.

Photo Thomas Dworzak. Magnum Photos

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