La tension monte entre Moscou et Washington. Dimanche dernier, un chasseur syrien a été abattu par un avion américain, en riposte, selon les Etats-Unis, à des frappes aériennes du régime sur les Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale. La Russie, engagée militairement aux côtés de Bachar al-Assad, assure ne pas avoir été prévenue de la frappe américaine. «Non-respect délibéré», clame Moscou. En représailles, le ministère russe de la Défense a annoncé la suspension des canaux de communication établis avec le Pentagone pour empêcher les collusions aériennes, dans le cadre d'un mémorandum signé en 2015. Et a menacé de «suivre» et «considérer comme cible»tous les avions de la coalition internationale volant à l'ouest de l'Euphrate. C'est-à-dire que le dispositif de défense antiaérienne russe au sol visera, sans nécessairement tirer, les avions volant à l'ouest de la ligne Raqqa-Deir el-Zor, tandis que des chasseurs russes pourront être mis en branle pour intercepter avions et drones de la coalition.
Le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, a appelé lundi Washington à coordonner ses actions avec les partenaires dans la régulation de la crise syrienne. «Tout le monde doit concerter ses actions avec le gouvernement syrien, sur le territoire de la Syrie», a déclaré Lavrov, cité par les agences russes.
«Escalade militaire»
L'état-major inter-armées américain travaille activement au rétablissement du canal, qui «a très bien fonctionné sur les huit derniers mois». Malgré une menace d'interruption en avril dernier, par Moscou là encore, après que des missiles de croisières américains ont frappé la base syrienne d'Al-Chaayrate, point de départ d'une attaque chimique par le régime qui à fait au moins 86 morts.
L'ONU craint une «escalade militaire en Syrie», comme l'a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric, d'autant plus que l'Iran a tiré, ce même dimanche, des missiles sur des bases de l'EI à Deir el-Zor, en représailles aux récents attentats de Téhéran. «Nous pensons que le risque est accru lorsque les efforts de lutte contre l'EI et d'autres groupes terroristes ne sont pas associés à la recherche d'une solution politique», a souligné Dujarric.




