Dimanche, le USS Stethem, un bâtiment de la Navy, s'est approché à moins de 12 milles marins (22,2 kilomètres) de l'île Triton, contrôlée par Pékin. La Chine a parlé d'«opérations provocatrices qui violent la souveraineté et menacent la sécurité de la Chine».
Pourtant, la marine américaine est dans son droit. Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée en 1982, seules les eaux intérieures (baies, ports…) d'un Etat sont interdites à des navires de guerre étrangers. Dans ce qu'on appelle la «mer territoriale», qui s'étend jusqu'à 12 milles marins des côtes, les bâtiments de guerre de tous pays disposent d'un «droit de passage inoffensif». Le USS Stethem étant passé sans s'attarder, il ne s'agit pas d'un acte de guerre.
De plus, l’état-major américain a vraisemblablement prévenu les autorités chinoises de son projet d’Opération de liberté de navigation (Fonop). La réaction chinoise, de pure forme, est donc là pour rappeler au monde que Pékin estime occuper de plein droit l’archipel.
La stratégie géopolitique des Etats-Unis, elle, est à plusieurs bandes. L'île Triton, revendiquée aussi par le Vietnam, se trouve dans l'archipel des Paracels, en mer de Chine méridionale. Un tiers du commerce maritime mondial transite par cette mer semi-fermée, riche en poissons, en pétrole et en gaz. Les pays côtiers - Chine, Brunei, Malaisie, Philippines, Taiwan, Vietnam - se disputent le contrôle des îles. Mais depuis quelques années, la Chine a décidé d'étendre sa souveraineté sur 80 % de la zone, arguant de «droits de passage historiques», et entrepris des travaux de titan pour transformer de simples atolls en îles habitées. Pour Washington, il est important de mener ces opérations pour ne pas entériner l'occupation chinoise de ces îlots.




