Il avait toujours une cigarette aux lèvres, une voix râpeuse, des yeux rieurs, et un bon mot au bout de la langue. Surtout pour parler des répressions politiques en URSS, la nécessité de sortir de l’anonymat les millions de victimes, et nommer leurs bourreaux. L’historien et dissident Arseni Roginski, le très charismatique cofondateur et directeur de la branche internationale de l’ONG Memorial, est mort à 71 ans, lundi dans une clinique israélienne, des suites d’une grave maladie. Toute sa vie, Roginski l’a passée avec l’ombre du goulag dans le dos. Né en 1946 dans une petite ville du grand nord russe, où sa mère avait déménagé pour se rapprocher du lieu d’«exil éternel» de son père, Boris Roginski, ingénieur électricien arrêté pour «sabotage» pendant les purges staliniennes, Arseni Roginski fréquentera le milieu des dissidents lors de ses études à l’université de Tartu (Estonie). En 1981, après avoir refusé de quitter l’URSS, sur insistance du KGB, il est condamné à quatre ans de camp pour «fabrication de faux papiers». Et ne sera réhabilité qu’à la chute de l’URSS.
L’ONG russe Memorial perd son fondateur
Publié le 18/12/2017 à 20h26
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus