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Libération

Entre la police et les religieux, Nétanyahou cerné de toutes parts

ParGuillaume Gendron
(à Tel-Aviv)
Publié le 05/03/2018 à 21h06

Et de trois. Lundi, Nir Hefetz, conseiller disgracié du Premier ministre israélien, a accepté l’offre de la police : il témoignera contre Benyamin Nétanyahou dans le «dossier 4 000», la toute dernière affaire éclaboussant le leader israélien, touché par quatre enquêtes pour corruption. Il s’agit du troisième intime de Nétanyahou à devenir «témoin d’Etat» en échange de l’immunité. Et le deuxième en deux semaines, après le vétéran Shlomo Filber, surnommé «la boîte noire» du système Nétanyahou.

Le Premier ministre a été interrogé pendant cinq heures vendredi dans sa résidence officielle, tandis que son épouse, Sara, faisait face aux enquêteurs dans les bureaux du Lahav 433, l’équivalent israélien du FBI, spécialisé dans la lutte anti-corruption.

Le «dossier 4 000», aussi surnommé l'affaire Bezeq, du nom du géant des télécoms israélien, concerne la collusion présumée des Nétanyahou avec Shaul Elovitch, propriétaire de l'opérateur. Celui-ci aurait bénéficié d'arbitrages très favorables dans une série de décisions concernant la régulation des forfaits téléphoniques et Internet, en échange d'une couverture flagorneuse et d'un droit de veto sur certains articles publiés par le populaire site d'infos Walla, propriété de Elovitch. Hefetz, qui aurait coordonné l'embrouille, ne vient pas les mains vides. Selon le quotidien Haaretz, il fournira aux enquêteurs des enregistrements de conversation des Nétanyahou.

Pour le leader israélien, la défection de Hefetz est un nouveau coup dur.Les religieux sont passés à l’attaque, le percevant comme affaibli et potentiellement capable de concessions pour garder intacte sa coalition. Les ultra-orthodoxes du parti Judaïsme unifié de la Torah réclament notamment une nouvelle loi exemptant les étudiants des yeshivas, les écoles rabbiniques, de service militaire.

Pour arriver à leur fin, les religieux entendent refuser de voter le budget, ce qui ferait imploser la coalition. Selon les médias israéliens, tous les clignotants sont au rouge, et indiquent la tenue imminente de législatives anticipées. A voir : Nétanyahou n’en a pas envie, et jusqu’ici, il a toujours réussi à se trouver une porte de sortie.

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