On ne parle que de lui, on ne jure que par lui. L’avant-centre russe Artyom Dziouba est l’un des héros de cette Coupe du monde et incarne les rêves les plus fous des Russes, qui ne pensaient pas même sortir des poules et affrontent la Croatie en quart de finale, à Sotchi ce samedi.
Pourtant, il y a quelques mois encore, le mauvais garçon du football russe, pareillement mal-aimé des entraîneurs, des joueurs et des supporteurs, était plus connu pour son sale caractère et ses magouilles que pour son talent footballistique. Né à Moscou il y a presque trente ans, Dziouba a été formé à l’académie du Spartak, dont il a rejoint non sans difficultés l’équipe première en 2006. Accusé d’avoir piqué de l’argent à un coéquipier, il part en prêt au club de Tomsk en 2009 pour deux saisons. Devenu l’un des espoirs du foot russe, il revient à Moscou en 2011, insulte son entraîneur, l’Espagnol Unai Emery, s’engueule avec le suivant, Valery Karpine, et repart, cette fois à Rostov. Il en revient troisième meilleur buteur du championnat russe.
En 2015, c'est la trahison suprême : il est transféré au Zénith Saint-Pétersbourg, l'ennemi juré du Spartak. Au passage, il traite les supporteurs du club moscovite de «secte». En 2017, il est prêté à l'Arsenal Toula, qui s'engage à verser une indemnité de près de 350 000 euros pour que l'attaquant puisse être aligné contre le Zénith en championnat, fin avril. Dziouba aurait payé la moitié de sa poche, en se cotisant avec le gouverneur de Toula et le président d'Arsenal. Son but décisif dans les dernières secondes évite la défaite de son équipe. Six buts en dix matchs avec Toula dans les derniers mois lui assurent une place au sein de la Sbornaïa pour le Mondial, place qui n'était pas gagnée notamment à cause de ses relations tumultueuses avec l'entraîneur Tchertchessov, mais aussi de l'irrégularité de ses performances.
Lire l'intégralité sur Libération.fr




