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Libération
Après la Corée du Nord...

Escalade verbale entre l'Iran et les Etats-Unis

Donald Trump a réagi lundi à des déclarations du président iranien Hassan Rohani qui a évoqué une possible «mère de toutes les guerres» entre les deux pays.

Le président iranien Hassan Rohani, le 22 juillet 2018 à Téhéran. (Photo AFP)
ParIsabelle Hanne
correspondante à New York
Publié le 23/07/2018 à 16h40

Donald Trump a sorti le mégaphone dimanche soir sur Twitter pour défier le président iranien Hassan Rohani : «Ne menacez plus jamais les Etats-Unis, ou vous devrez subir des conséquences telles que peu au cours de l'histoire en ont connu, a écrit le président américain dans un message rédigé en majuscules. Nous ne sommes plus un pays qui tolère vos paroles aberrantes de violence et de mort. Faites attention !»

Trump n'est «pas en position d'agir contre l'Iran», a balayé lundi le général iranien Gholam Hossein Gheypour, qui juge que les menaces du président américain «s'inscrivent dans une guerre psychologique».

Sanctions

Donald Trump répondait aux avertissements du président iranien, qui lui demande de renoncer à sa politique d'isolement de Téhéran en le prévenant qu'une guerre avec son pays serait «la mère de toutes les guerres». «Vous n'êtes pas en position d'inciter le peuple iranien à se soulever contre les intérêts et la sécurité de l'Iran», a affirmé Rohani lors d'un discours devant des diplomates iraniens dimanche. Une référence à la rhétorique de l'administration américaine, le conseiller John Bolton et ses vélléités de renversement de régime en tête, qui vise à opposer le peuple iranien et ses dirigeants. Le président iranien a également exclu toute renégociation de l'accord sur le nucléaire avec Washington, déchiré par Trump en mai.

L'ire du président américain sur le réseau social n'est pas un coup de sang isolé. Elle est dans la droite ligne des déclarations de son secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, qui a réitéré dimanche, lors d'une allocution en Californie devant des Américains d'origine iranienne, son souhait d'isoler économiquement l'Iran. Pompeo a notamment exhorté ses alliés européens, qui tentent de sauver l'accord sur le nucléaire, à «cesser de flirter avec un régime révolutionnaire» accusé de «corruption» et de «terrorisme». Il a appelé les pays à stopper leurs importations de pétrole iranien d'ici novembre. Faute de quoi, ils s'exposeront aux sanctions américaines, dont la première vague doit s'abattre le 6 août sur le secteur automobile et l'aéronautique civile.

«Mafia»

Selon Pompeo, le régime iranien, qu'il accuse d'avoir détourné des fonds, est dirigé «par quelque chose qui ressemble plus à une mafia qu'à un gouvernement». Dans ce contexte, les Etats-Unis n'ont «pas peur» de sanctionner «au plus haut niveau» le régime de Téhéran, a martelé le secrétaire d'Etat.

En réponse au boycott de son pétrole, Téhéran se dit prêt à fermer le détroit d'Ormuz, à l'extrémité du golfe Persique, par lequel transitent environ 30% des exportations maritimes de pétrole. «Nous sommes le garant de la sécurité de ce détroit depuis toujours, ne jouez pas avec la queue du lion, vous le regretterez», a prévenu dimanche Hassan Rohani. Début juillet, il avait déjà brandi la menace d'un blocage du trafic pétrolier par cette voie étroite entre l'Iran, Oman et les Emirats arabes unis. Dans la foulée, l'armée américaine avait affirmé être prête à «assurer la liberté de navigation et la liberté du commerce partout où le droit international l'autorise».

Cette escalade de tensions entre Trump et l'Iran ressemble fort à celle avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Un affrontement qui s'est finalement soldé, temporairement en tout cas, par un rapprochement inattendu et un sommet historique entre les deux hommes en juin. Téhéran est, depuis, devenu l'ennemi numéro un du président américain.

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