Retour à la case retrouvailles à Pyongyang. A l'issue d'une session de travail lundi à Panmunjom au niveau de la zone démilitarisée, les deux Corées sont convenues d'une 3e réunion en septembre dans la capitale du Nord. Le 27 avril, Kim Jong-un et Moon Jae-in s'étaient rencontrés pour la première fois lors d'une journée historique, forte en symboles et en déclarations. Un mois plus tard, c'est au Nord et à la demande de Kim Jong-un que les deux dirigeants s'étaient retrouvés. Donald Trump venait d'annoncer qu'il ne participerait pas au sommet prévu avec Kim Jong-un. Avant de se raviser et d'aller serrer la main de Kim à Singapour le 12 juin.
Ces troisièmes retrouvailles coréennes en cinq mois se tiendront à Pyongyang. La capitale du Nord n'avait plus accueilli un haut dirigeant depuis 2007. La réunion pourrait avoir lieu entre le 15 et 30 septembre. Soit après le 70e anniversaire de la proclamation de la République populaire de Corée, que le régime ne manquera pas de célébrer.
Aucun détail n'a filtré sur le menu des discussions. On sait seulement que Pyongyang et Séoul vont passer en revue ce qui a été entrepris depuis leurs précédents sommets. Ils reviendront probablement sur les rencontres familiales Nord-Sud qui auront lieu du 20 au 26 août dans le sud-est de la Corée du Nord. Mais surtout sur le développement des échanges et la coopération transfrontalière. Pyongyang souhaite à la fois parvenir à une déclaration de paix et obtenir de Séoul le lancement de projets économiques conjoints. Le président du comité nord-coréen visant à la «réunification pacifique» de la péninsule a déclaré lundi qu'il était important de lever les «obstacles» dans les relations intercoréennes.
Selon le site nord-coréen Uriminzokkiri, Séoul se montre chaleureux avec le Nord, promouvant le «dialogue et la coopération», tout en «étant plus fidèle aux ordres de son maître [les Etats-Unis, ndlr] au sujet des sanctions et de la pression».
Contrainte par les sanctions de l’ONU, la Corée du Sud ne peut s’engager trop avant dans des projets de coopération avec le Nord. Fidèle à sa posture de médiateur-facilitateur, Moon Jae-in doit composer avec l’imprévisible président américain. Car ces retrouvailles de septembre interviennent au moment où le processus de dénucléarisation semble dans l’impasse, Washington et Pyongyang s’accusant mutuellement de renier les engagements de Singapour.




