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Le cofondateur de Microsoft Paul Allen ferme la fenêtre

Publié le 16/10/2018 à 19h56

Bien moins connu que Bill Gates, il était l'autre fondateur de Microsoft et restera comme une des figures tutélaires et pionnières de l'informatique de la fin du XXe siècle. Paul Allen est mort lundi à 65 ans, succombant à une récidive de la maladie de Hodgkin, une forme de cancer du système lymphatique qu'il avait contractée il y a neuf ans.

Originaire de Seattle, cet ancien étudiant de l'université de l'Etat de Washington qu'il a quittée au bout de deux ans pour créer en 1975 Microsoft avec son ancien camarade de lycée Bill Gates était devenu un milliardaire touche-à-tout, passionné de conquête spatiale et de musique (Jimi Hendrix) et de football américain (il était propriétaire des Seattle Seahawks). Yeux clairs, fines lunettes métalliques et cheveux blonds, ce fils d'un bibliothécaire et d'une enseignante, sans descendance, a consacré une part conséquente de son immense fortune (20,5 milliards de dollars, 44e au classement du magazine Forbes en 2018) à financer des universités, des centres de recherche et des musées dans l'Etat de Washington.

Il avait claqué la porte de Microsoft en 1983 après une brouille avec Bill Gates. Un épisode dont il avait fini par donner sa version en 2011 dans son autobiographie, Idea Man, expliquant que Gates avait tenté de «l'arnaquer» alors même qu'il était diminué par une première maladie. Allen affirme qu'il avait toujours escompté qu'ils se partageraient la société à égalité. «Mais Bill avait une autre idée», se réservant 60 % parce qu'il aurait accompli une plus grande partie du travail de programmation. En 1982, il surprend une conversation entre Bill Gates et Steve Ballmer, un autre dirigeant du groupe, qui «discutaient de la façon dont ils pourraient diluer mes parts dans Microsoft en s'accordant des options, à eux-mêmes et à d'autres actionnaires». Allen quitte l'entreprise en dépit d'une lettre d'excuses de six pages de Gates. Lequel lui a rendu hommage lundi en affirmant que «l'ordinateur personnel n'aurait pas existé sans cet ami cher et précieux partenaire».

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