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Libération

Scott Morrison : «En tant que nation, cela  nous couvrira à jamais de honte.»

Scott Morrison, Premier ministre australien, lundi, lors de ses excuses aux victimes de prêtres pédophiles

Publié le 22/10/2018 à 20h56

Il a demandé pardon aux victimes, aux parents, aux lanceurs d'alerte : «Nous vous croyons.» Le choix des mots et l'émotion avec laquelle le Premier ministre australien, en poste depuis fin août, a prononcé lundi des excuses aux victimes de prêtres pédophiles sont à la hauteur du scandale. Retransmis en direct à la télévision, ce discours arrive près d'un an après la remise du rapport de la commission royale d'enquête, lancée en 2012 par l'ancienne Première ministre, Julia Gillard, qui a mis en lumière les actes pédophiles perpétrés dans des institutions religieuses.

Même si moins d'un quart des Australiens se disent catholiques, le clergé a dirigé de nombreuses écoles et orphelinats dans tout le pays. Après avoir conduit des milliers d'entretiens, les enquêteurs sont arrivés à la conclusion effarante qu'«entre 1950 et 2010, 7 % des prêtres étaient des auteurs présumés d'abus sexuels sur des enfants».

Dans certains diocèses, la proportion atteignait 15 %. Rien qu’entre janvier 1980 et février 2015, 4 444 personnes ont signalé aux autorités catholiques avoir été victimes d’un abus sexuels dans un millier d’établissements. Les auteurs désignés (597 frères, 572 prêtres, 543 laïques et 96 sœurs) n’ont fait l’objet d’aucune enquête interne ni d’aucun signalement à la police. La hiérarchie catholique s’est au contraire évertuée à cacher les faits, en versant des dommages et intérêts confidentiels ou en poussant au départ une nonne qui l’avait alertée. Attouchements, viols, punitions, tortures, tentatives de suicide : les rapports de la commission racontent les chemins de croix d’enfants, dont certains n’avaient que 5 ans. Alors que le Sénat français a rejeté la semaine dernière la création d’une commission d’enquête sur le sujet, l’Australie est, avec l’Irlande, le pays qui a mené le travail le plus approfondi sur la question.

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