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Libération

Défense : Londres appelle à maintenir les liens avec Paris

ParSonia Delesalle-Stolper
Correspondante à Londres
Publié le 08/11/2018 à 21h06

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, en visite jeudi à Paris, aurait dû célébrer sans arrière-pensées l’unité et la coopération entre Londres et Paris, à la veille des commémorations de l’armistice. Il l’a fait avec force, mais avec une nuance de taille.

S'il a rappelé que «nos pays sont aussi intimement liés que jamais», il a aussi plaidé pour le maintien de cette proximité, notamment en matière de défense et de sécurité. Parce que, justement, cette coopération ne va peut-être plus tout à fait de soi. Le Brexitaura inévitablement un impact sur les relations futures entre les deux pays. Alors qu'un accord sur le retrait de l'Union européenne n'est toujours pas conclu, deux ans et demi après le référendum du 23 juin 2016, la Première ministre britannique, Theresa May, et ses ministres multiplient depuis des mois les visites dans les vingt-sept pays de l'UE, pour souligner l'importance du maintien des liens futurs entre le Royaume-Uni et l'UE. Mais le cas de la relation avec la France est particulier.

En matière de défense, les deux pays ont engagé ces dernières années une coopération inédite, soulignée par les accords bilatéraux de Lancaster House signés en 2010. Le Royaume-Uni et la France sont les seuls pays européens à disposer d’une force de dissuasion nucléaire. Et représentent à eux deux plus de la moitié des capacités et du budget européens de défense.

Pourtant dans une tribune commune publiée vendredi dans le Guardian, l'e x-Premier ministre français, Bernard Cazeneuve, et l'ancien ministre britannique de la Défense, George Robertson, soulignent que la relation entre Londres et Paris «n'a jamais été aussi fragile». Or, à l'heure où les menaces dans le monde sont «plus fortes que jamais», «l'alliance franco-britannique sur la défense et la sécurité n'a jamais été aussi cruciale». Ils appellent donc l'UE à «repenser sa relation avec les pays non-membres en ce qui concerne les questions de sécurité» : une allusion probable au programme de navigation satellitaire européen Galileo auquel le Royaume-Uni ne devrait plus pouvoir participer. Un dossier qui a provoqué de fortes tensions lors de négociations, où le Royaume-Uni «ne cherche pas à avoir le beurre et l'argent du beurre» a affirmé Jeremy Hunt.

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