C'est Nétanyahou lui-même qui a ravivé la polémique. Interrogé jeudi sur les limites de sa realpolitik mémorielle, le Premier ministre israélien déclare que, oui, «des Polonais ont collaboré avec les nazis». Une déclaration en marge du sommet sur le Moyen-Orient organisé à Varsovie, surnommé «la Saint-Valentin anti-iranienne», où s'était exhibé l'axe arabe anti-Téhéran, marquant une nouvelle étape dans la normalisation des relations israéliennes avec les pays du Golfe.
Quarante-huit heures après ce succès, Nétanyahou a pourtant vu lundi son hôte polonais annuler sa participation au sommet du groupe de Visegrad, censé se dérouler dès lundi soir à Jérusalem. En cause, les remarques «racistes» (dixit Varsovie) d'Yisrael Katz, nouveau chef de la diplomatie israélienne, qui a accusé dimanche les Polonais d'être congénitalement antisémites. Un énorme couac devenu un camouflet cinglant pour Nétanyahou. Le dirigeant israélien avait fait du dépaysement de cette réunion du quartet est-européen (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) dans «sa» capitale le point d'orgue d'une stratégie d'affaiblissement de l'Union européenne, jugée trop critique envers Israël. A l'origine du déraillement, la loi passée il y a un an par les ultraconservateurs au pouvoir en Pologne, qui entend criminaliser toute parole publique contredisant le discours officiel selon lequel les Polonais ne furent que des victimes et jamais des bourreaux. Une véritable réécriture de l'Holocauste intolérable pour Katz. Ce revers ne devrait cependant pas compromettre les relations entre l'Etat hébreu et le groupe de Visegrad, aux intérêts bien compris.




