Des réfugiés syriens qui clament leur «rêve de rentrer chez eux». Des pays d'accueil voisins qui les poussent énergiquement à le faire. Et une communauté internationale prête à les soutenir financièrement pour retrouver une vie digne dans leur pays. Un consensus de principe a été exprimé par tous les participants à la conférence «sur l'avenir de la Syrie et de la région», qui se tient à Bruxelles depuis mardi à l'initiative de l'UE et de l'ONU. Mais le même constat de l'impossibilité actuelle d'un retour des 11 millions de déplacés internes ou réfugiés est fait par les représentants des organisations internationales, des ONG et des représentants de la société civile syrienne présents à Bruxelles. «Comment voulez-vous que je retourne dans la Ghouta quand ma maison n'existe plus, que mon fils de 19 ans serait obligatoirement enrôlé dans l'armée, que mon mari risque d'être arrêté parce qu'il a été membre du conseil civil d'opposition de notre quartier ?» énumère Salima, réfugiée en Jordanie depuis trois ans. «Et puis, comment supporter l'impunité de ceux qui ont tué mon frère et mon neveu sous la torture ?» ajoute, en ravalant ses larmes, la quadragénaire venue à Bruxelles représenter les familles de prisonniers et disparus. Après huit ans de guerre, les obstacles au retour des réfugiés sont multiples. Infrastructures, électricité, logements, écoles et hôpitaux, les indispensables sont à reconstruire. Or pour les principaux bailleurs de fonds potentiels, occidentaux ou arabes, pas question de financer la reconstruction avant qu'un véritable processus politique ne soit enclenché.
Syrie : huit ans après, l’impossible retour
Publié le 14/03/2019 à 20h46
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