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Libération

Brexit : May promet de partir si l’accord de retrait est adopté

ParSonia Delesalle-Stolper
Correspondante à Londres
Publié le 27/03/2019 à 20h36

Theresa May a finalement donné le premier signe officiel d'un départ prochain du 10, Downing Street. Dans une adresse mercredi en fin d'après-midi aux députés conservateurs, elle s'est dit prête à démissionner prochainement, «plus tôt que je ne l'avais prévu pour faire ce qui est bien pour notre pays et notre parti».

Mais elle a posé une condition précise à son départ : les députés de son parti doivent voter en faveur de l’accord de retrait de l’UE, conclu en novembre, qu’ils ont pourtant déjà rejeté à deux reprises avec les autres membres de la Chambre des communes. Ce n’est pas un chantage, mais ça y ressemble beaucoup. L’idée étant de convaincre les récalcitrants en leur disant en substance : soutenez mon accord et vous gagnez un Brexit et mon départ, mais si vous refusez, je reste et, en plus, le Brexit risque d’être annulé.

«Cela a été une période difficile pour notre pays et notre parti. Nous y sommes presque. Nous sommes presque prêts à entamer un nouveau chapitre et à construire un avenir brillant», a-t-elle dit devant plus de 300 députés tories, entassés dans une salle du palais de Westminster. La Première ministre a indiqué avoir «très distinctement entendu l'humeur du parti. Je sais qu'il existe un désir pour une nouvelle approche - et un nouveau leader - pour la seconde phase des négociations sur le Brexit, et je ne m'y opposerai pas», a-t-elle ajouté.

Si elle démissionnait d’ici quelques jours, ou semaines, un nouveau dirigeant du Parti conservateur pourrait être élu d’ici le mois de mai ou avant l’été. Au Royaume-Uni, le chef du parti majoritaire au Parlement devient automatiquement Premier ministre. La démission de Theresa May n’entraînerait donc pas automatiquement des élections générales.

May n'a pas caché son intention de proposer une nouvelle fois au vote des députés l'accord de retrait, dès ces jeudi ou vendredi. Mais le Speaker John Bercow a une nouvelle fois mis les pieds dans le plat en précisant qu'il n'était pas question qu'il autorise un troisième vote à moins d'un «changement significatif». Il a mis en garde le gouvernement contre toute tentative de «contorsion» pour tenter de forcer un vote.

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