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Royaume-Uni

Brexit : les députés britanniques votent pour n'avoir de majorité sur rien

Aucune des huit solutions alternatives n'a remporté l'adhésion des parlementaires, l'option d'un nouveau référendum s'est révélée la moins impopulaire.

Au Parlement britannique, le 12 mars. (Photo PRU. AFP)
ParSonia Delesalle-Stolper
correspondante à Londres
Publié le 28/03/2019 à 6h06

Un tour pour rien. Le Parlement britannique ne sait toujours pas ce qu’il veut. En revanche, il sait plutôt bien ce qu’il ne veut pas. Les députés ne veulent pas de l’accord de retrait conclu en novembre entre le gouvernement de Theresa May et les négociateurs européens. Mais ils ne veulent pas non plus d’une union douanière, d’un modèle norvégien, du marché unique, d’une révocation de l’article 50 et même pas d’un nouveau référendum.

A l’issue d’une nouvelle journée de rebondissements – mais sans aucun dénouement – les députés n’ont pas réussi à dégager la moindre majorité pour les huit options alternatives sur lesquelles ils ont voté dans la soirée de mercredi. Ces votes étaient indicatifs et devaient, en principe, permettre de dégager un scénario qui aurait peut-être permis de sortir de l’impasse. C’est raté. Aucune solution envisagée n’a engendré de résultat positif.

La proposition qui a remporté le plus de voix est celle d’un nouveau référendum pour valider un accord sur le Brexit, avec 268 voix, contre 295 opposées à cette idée. La deuxième proposition la moins impopulaire s’est révélée être l’option d’une union douanière avec l’UE, soutenue par 264 députés et rejetée par 272. A l’issue du vote, le ministre au Brexit, Stephen Barclay, a affirmé que l’absence de majorité pour aucune des solutions était la preuve de plus que seul l’accord de retrait soutenu par Theresa May était une option envisageable.

Sacrifice de May

Sauf que ce n'est pas l'avis de la majorité des conservateurs et encore moins celle des dix députés du parti unioniste nord-irlandais, le Democratic Unionist Party (DUP). Ils continuent à refuser leur soutien à la Première ministre. Theresa May a pourtant accepté de se sacrifier sur l'autel du Brexit en promettant mercredi de démissionner si l'accord était voté. Elle a ainsi réussi à retourner un certain nombre des députés les plus brexiters, dont Jacob Rees-Mogg et Boris Johnson. Mais, pour le moment, le compte n'y est toujours pas. Pourtant, elle pourrait encore tenter de proposer l'accord au vote des députés une troisième fois, probablement vendredi. Avec l'espoir de convaincre, au dernier moment, les derniers récalcitrants qui lui manquent pour faire adopter ce vote. Si elle échoue, les députés pourraient recommencer à voter lundi sur des options alternatives, avec un système différent permettant d'éliminer au fur et à mesure les options les moins populaires.

Seule nouvelle certitude : les députés ont adopté mercredi soir la prolongation de l’article 50 décidée la semaine dernière au Conseil européen. Donc, le Brexit du 29 mars est définitivement annulé. En revanche, celui du 12 avril à 23h01 locales, sans accord, se rapproche désormais à grands pas.

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