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Libération

Mobilisation grandissante des Tchèques contre leur Premier ministre

Publié le 05/06/2019 à 20h06

La place Venceslas de Prague s’est à nouveau remplie de protestataires mardi soir. Près de 120 000 personnes s’y sont rassemblées, comme elles le font depuis six semaines, pour réclamer la démission d’Andrej Babis, le Premier ministre populiste cerné par les affaires de détournement de subventions européennes et de conflits d’intérêts.

A l'origine de leur mobilisation, la nomination en avril de Marie Benesova, une proche de Babis, au poste de ministre de la Justice. Un remaniement vu comme une manœuvre de Babis pour se protéger, alors que le politicien risque jusqu'à dix ans de prison pour une histoire de construction d'un complexe hôtelier et de loisirs financée par des subventions réservées aux petites entreprises. Mais c'est une autre affaire qui a alimenté la manifestation de mardi soir. Un rapport d'audit préliminaire de la Commission européenne, qui a fuité dans les médias tchèques, conclut que Babis abuse de sa fonction pour favoriser ses entreprises. Le Premier ministre a vu sa fortune, estimée à 3,7 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros) par Forbes, augmenter de 1,7 milliard depuis son entrée au gouvernement en 2014. De son côté, ANO, le parti des citoyens mécontents, fondé en 2011 par Babis et tout entier organisé autour de sa personne, a remporté les européennes avec 21 % des voix. A moins d'être rattrapé par la justice, Babis pourrait aller jusqu'au bout de son mandat, en 2021.

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