«Vous voyez, maintenant ils sont morts. Si vous souhaitez emprunter cette voie, les conséquences suivront.» Ces menaces sont extraites d'un nouveau rapport publié jeudi par Amnesty International. L'ONG dénonce la répression exercée par le régime sud-soudanais - notamment via le Service national de sûreté (NSS) - à l'encontre de «l'opposition pacifique», à l'intérieur de ses frontières mais aussi au-delà. «Ils», ce sont Aggrey Idri et Dong Samuel Luak, deux activistes opposés au président sud-soudanais, Salva Kiir, enlevés en janvier 2017 dans les rues de Nairobi, au Kenya. En mai, des experts de l'ONU estimaient «hautement probable qu'ils aient été exécutés par des agents du NSS».
Harcèlement, menaces, détentions arbitraires, disparitions et assassinats : l'organisation pointe une récente intensification de la répression qui cible notamment le RCM (Red Card Movement, «mouvement carton rouge»). Principalement porté par la jeunesse sud-soudanaise et la diaspora à travers l'Afrique, le RCM s'identifie comme «un mouvement des droits civiques» . Il milite pour le départ du président Kiir et cherche à «équilibrer les valeurs fondamentales de liberté, égalité et fraternité» au Soudan du Sud.
La guerre civile mine le pays depuis décembre 2013. Elle a éclaté lorsque le président Kiir a accusé son ancien vice-président, Riek Machar, de fomenter un coup d’Etat. Depuis, les deux hommes se disputent le pouvoir.
Un accord de paix - le douzième - avait été signé le 12 septembre 2018 et prévoyait le retour en mai de Riek Machar, exilé à Khartoum, en tant que vice-président. Pourtant, les violations du cessez-le-feu continuent de part et d’autre. Selon l’ONU, plus de 100 civils ont été tués depuis septembre.




