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Libération

Un nostalgique de Reagan à la Sécurité nationale

Publié le 18/09/2019 à 20h31

Donald Trump a tranché : son nouveau conseiller à la Sécurité nationale sera l'avocat Robert O'Brien, qui était depuis le printemps 2018 l'envoyé spécial américain pour la libération des otages. «J'ai travaillé longuement et durement avec Robert. Il fera du bon boulot !» a tweeté Trump mercredi. A ce poste stratégique au cœur de la Maison Blanche, O'Brien succède au «faucon» John Bolton, limogé la semaine dernière par le Président (Bolton assure quant à lui avoir démissionné) sur fond de différends diplomatiques à propos de l'Iran, de la Corée du Nord ou du Venezuela.

Inconnu du grand public, O’Brien ne l’est pas des cercles diplomatiques et militaires, notamment républicains, au sein desquels il évolue depuis près de deux décennies. Nommé par George W. Bush, cet avocat originaire de Los Angeles fut entre 2005 et 2006 l’un des représentants américains à l’Assemblée générale de l’ONU, à l’époque où John Bolton y occupait le poste d’ambassadeur des Etats-Unis. Au sein du secrétariat d’Etat, d’abord sous la républicaine Condoleezza Rice, puis la démocrate Hillary Clinton, il codirigea ensuite de 2007 à 2011 les efforts de réforme du système judiciaire en Afghanistan. Ex-officier de réserve de l’armée, O’Brien a conseillé trois candidats républicains à la présidentielle sur les questions de politique étrangère.

En mai 2016, alors que le processus des primaires républicaines, dynamité et dominé par Donald Trump, touchait à sa fin, O'Brien avait publié un essai remarqué sur la politique étrangère des Etats-Unis. Intitulé While America Slept («pendant que l'Amérique dormait»), le livre dressait un bilan accablant de la présidence Obama en la matière, accusant le successeur de Bush de naïveté et d'avoir considérablement affaibli la puissance diplomatique et militaire du pays.

O'Brien sera le quatrième conseiller à la Sécurité nationale de Trump, du jamais-vu pour un président au cours de son premier mandat. Réputé plus diplomate que Bolton, O'Brien semble toutefois partager la ligne dure de son prédécesseur, qui a paraphé la couverture de son livre de 2016, qualifiant sa lecture de «nécessaire». Dans ce même ouvrage, O'Brien citait l'un de ses «héros», Ronald Reagan - «Nous maintenons la paix par notre force, la faiblesse n'incite qu'à l'agression» -, faisant sienne sa doctrine de politique étrangère. «Face aux nouveaux défis mondiaux, il est de temps de revenir à une politique de sécurité nationale fondée sur "la paix par la force", écrivait-il. Une Amérique forte sera une nation en qui nos alliés peuvent avoir confiance et que nos adversaires n'oseront pas défier.»

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