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Libération

Convention des tories : Johnson sous presssion

ParSonia Delesalle-Stolper
( à Manchester)
Publié le 01/10/2019 à 20h26

On flotte à Manchester. On flotte sous la pluie, immuable, qui inonde les rues. Et puis on flotte aussi dans des univers parallèles qui se superposent sans jamais se croiser : bienvenue au congrès annuel du Parti conservateur britannique qui se tient jusqu’à mercredi dans une ancienne gare. Le Premier ministre, Boris Johnson, y est arrivé dimanche, poursuivi par une série d’accusations. Son langage agressif à la Chambre des communes lui a été violemment reproché. Il a aussi été accusé par une journaliste de lui avoir malaxé la cuisse sous une table lors d’un dîner. Enfin, une enquête a été lancée sur un risque de conflit d’intérêts lorsqu’il était maire de Londres : il a emmené lors de missions commerciales une très très proche amie, Jennifer Arcuri, et aurait alloué à sa société des fonds publics.

Des accusations qu'il a démenties sur la BBC avant, le soir même, de se lâcher lors d'une soirée privée. «Ai-je raison de parler de la loi surrrender a-t-il lancé, sous les «yes !» de la foule. La loi en question, la loi Benn, l'obligerait à demander une extension de l'article 50 à l'UE si aucun accord n'est trouvé avant le 19 octobre. Histoire de rester dans la rhétorique distillée par Downing Street (l'UE est l'ennemi), une source des services du Premier ministre a laissé entendre au Mail on Sunday que certains députés avaient reçu le concours de «puissances étrangères», dont la France, pour rédiger cette fameuse loi. «Nous démentons ces accusations absurdes», a sobrement réagi l'ambassade de France. Johnson a juré de ne pas demander d'extension, promis de ne pas démissionner. Il ne lui reste comme option que de conclure un accord de sortie. Mais le temps se rétrécit. Si aucune proposition concrète et surtout réalisable n'est présentée à Bruxelles avant la fin de la semaine, les chances d'un accord seront proches de zéro. Les Vingt-Sept ont besoin de temps pour discuter et éventuellement approuver des propositions avant le conseil européen des 17 et 18 octobre. Johnson devrait en dresser les contours lors de son discours de clôture, ce mercredi.

S.D.-S. ( à Manchester)

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