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Libération

Etats-Unis : des sociétés chinoises blacklistées

Publié le 08/10/2019 à 21h01

Tous les acteurs du système de surveillance paranoïaque des minorités ethniques dans la région chinoise du Xinjiang sont désormais sur une liste noire dressée par le département américain du Commerce. Vingt organisations gouvernementales, dont le bureau local de la sécurité publique (l'équivalent du ministère de l'Intérieur), et huit entreprises n'ont désormais plus le droit d'avoir des relations avec les Etats-Unis. «Le gouvernement américain ne peut tolérer la répression brutale des minorités ethniques en Chine», a déclaré le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross. Plus d'un million de personnes, notamment des Ouïghours, sont enfermées dans des «camps de rééducation» où ils subissent lavage de cerveau et travail forcé. La région entière est devenue une prison à ciel ouvert grâce à des systèmes ultra-perfectionnés mêlant vidéosurveillance, reconnaissance faciale ou vocale, logiciels espions…

Depuis l’adoption du Uyghur Human Rights Policy Act, en janvier, les appels à accroître la pression sur Pékin au sujet du Xinjiang se faisaient de plus en plus forts parmi les élus américains de tous bords.

Hikvision et Dahua, qui ont emporté des contrats d'un milliard de dollars en 2018 pour monter des projets gouvernementaux de surveillance de la population au Xinjiang, figurent notamment parmi les entreprises blacklistées. «La décision du département du Commerce envoie le message aux entreprises occidentales qui ont des partenariats avec ces sociétés que si elles en ont aussi avec les Etats-Unis, il va falloir choisir», analyse Antoine Bondaz, de la Fondation pour la recherche stratégique.

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