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Décryptage

«L’impossible retour» des réfugiés en Birmanie

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Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, sous pression, se dit prêt à rapatrier les Rohingyas… Mais dans un environnement ravagé, à la merci de la police.

Pour le Bangladesh qui les accueille, les Rohingyas sont des «ressortissants birmans déplacés de force», ni migrants ni réfugiés. (Photo Marion Péhée pour Libération)
Publié le 24/11/2019 à 20h01

La question soulève une montagne d'incertitudes : les Rohingyas retourneront-ils en Birmanie ? Depuis la signature d'un accord en novembre 2017 entre le gouvernement d'Aung San Suu Kyi et le Bangladesh, qui héberge près de 1,2 million de Rohingyas, plusieurs tentatives pour rapatrier ces réfugiés ont échoué. Comme fin août, quand 3 450 personnes devaient repasser la frontière. «Aucune des personnes interrogées n'a indiqué sa volonté de rentrer dans leur pays», a fait savoir alors le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) qui supervise les opérations. «Les Chinois, qui jouent les médiateurs, voulaient faire un coup avant l'assemblée générale des Nations unies, mais ni Dacca ni Naypyidaw n'étaient prêts et le HCR n'envisageait rien avant novembre, analyse un diplomate qui suit le processus. En Birmanie, personne ne veut de ce retour, même les musulmans qui ne sont pas rohingyas. Ceux qui rentreront le feront avec le sentiment d'avoir un fusil dans le dos. La peur est omniprésente du côté des Rohingyas. On risque de voir se reconstituer des ghettos.»

«Risque»

La Birmanie se retrouve sous pression. Le 3 novembre, devant les chefs d'Etat de l'Association des nations de l'Asie du sud-est (Asean), le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté Naypyidaw à assurer «un environnement propice pour un rapatriement sécurisé, volontaire, digne et durable des réfugiés». Environ 740 000 Rohingyas ont fui la

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