Le portail est discret mais bien cadenassé. Il n'y a aucun panneau pour indiquer où l'on se trouve. Le chemin grimpe dans une végétation de plus en plus luxuriante. Et tout à coup, le gazouillis des oiseaux laisse place au chant des grenouilles, ou plus exactement à celui presque incessant des mâles qui marquent leur territoire et/ou souhaitent s'accoupler. Bienvenue à Tesoros de Colombia, une ferme d'élevage de grenouilles, située dans les Andes, à deux heures et demie de Bogotá, la capitale colombienne. Créé il y a sept ans par Iván Lozano, cet élevage a pour but, selon son fondateur, de lutter contre le trafic illégal d'amphibiens en voie d'extinction. Notamment certains Dendrobatidae endémiques colombiens, minuscules merveilles de la nature aux couleurs éclatantes souvent extrêmement vénéneuses, que s'arrachent les collectionneurs américains, européens et asiatiques depuis plusieurs années.
Le calcul de ce zoologiste colombien et spécialiste en conservation d'espèces est simple : en proposant à la vente des animaux légaux et sains, et en tentant de casser les prix du marché, il espère décourager les trafiquants et autres braconniers. Parmi les sept espèces qu'il commercialise, il estime ainsi que les prix des Phyllobates terribilis, de petites bêtes toutes jaunes et terriblement toxiques à l'état sauvage, ont tellement chuté qu'elles n'intéressent plus les trafiquants, et de moins en moins les collectionneurs…
En avril, la douane colombienne a saisi à l'a




