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Chronique «le fil vert»

En Antarctique, la recherche prend le tracteur

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Un convoi de 243 tonnes lancé à 10 km/h sur 4 000 kilomètres en Antarctique. Tout ça pour essayer d'affiner notre estimation de la vitesse de la montée du niveau marin dans les années à venir.

Prélèvement d’échantillons de neige dans un puits. (Photo Graziano Larocca. PNRA)
Publié le 24/01/2020 à 11h11

Tous les jours,

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. Chaque vendredi, une question écologique par le prisme de la recherche.

Il existe des projets de recherche plus aventureux que d'autres. L'expédition EAIIST (East Antarctic International Ice Sheet Traverse) consiste à envoyer une caravane dans l'Antarctique pendant un mois et demi. Elle revient juste d'un périple de 1 300 kilomètres en terre inconnue. On est loin d'une manipulation sous microscope.

La caravane est composée d’une dameuse pour ouvrir la voie et de cinq tracteurs sur chenille pour tirer des conteneurs de vie sur traîneau. L’ensemble accueille dix personnes : six scientifiques, trois mécaniciens et un médecin. Dernier défi technique, l’équipe a installé une piste d’atterrissage, une fois son point le plus lointain atteint pour permettre une rotation des hommes par avion.

Carottage dans la neige de surface.

Photo Joël Savarino. CNRS. Institut polaire français

L’objectif est bien entendu de récolter des données, pour comprendre à quelle vitesse le niveau des eaux monte. En effet, on sait que l’Antarctique perd de la glace sur ses bords, mais le réchauffement climatique tend à augmenter les précipitations au centre du continent glacé. Donc, le manteau neigeux s’épaissit. Mais ce phénomène est-il d’une ampleur suffisante pour compenser la fonte aux bords du continent ?

Pour avoir une mesure fine, l’observation satellitaire ne suffit pas. Il faut se rend

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