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Le portrait

Steve Bray, troll de situation

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Le Britannique de 50 ans, surnommé «M. Stop Brexit», a passé plus d’un an à camper devant Westminster avec son mégaphone.

(Photo Manuel Vazquez pour «Libération»)
ParSonia Delesalle-Stolper
photo Manuel Vazquez pour «Libération»
Publié le 30/01/2020 à 18h06

Il s'arrête au milieu d'une phrase et, incrédule, fixe un point au-dessus de notre crâne. «Non !» Au mur de ce bar cossu à deux pas de Westminster, des petites figurines caricaturales sont encadrées dans des vitrines. Il y a Margaret Thatcher, Winston Churchill et, juste en face de lui, Boris Johnson sur un vélo trop petit pour lui. Steve Bray éclate de rire. Bientôt deux heures qu'on discute et aucun d'entre nous n'avait remarqué. Plus tard, il posera sur sa tête son haut-de-forme, brandira sa pancarte sur laquelle est inscrit «Je suis toujours là parce que je me sens toujours concerné» et posera pour une photo sous la statuette de «Brexit Johnson». «Je ne l'appelle jamais Boris, c'est trop sympathique et il n'est pas sympathique.» Les serveurs esquisseront un vague sourire, la clientèle, so british, fera comme si elle n'avait rien remarqué.

Pourtant, «M. Stop Brexit» est bien connu dans le quartier. En deux ans et demi, il est devenu une vedette nationale, voire internationale. Héros pour les europhiles, honni des brexiters et poil à gratter des télévisions qui hésitent entre le détester ou l'adopter comme mascotte. Il leur a tout fait. Sur la pelouse, juste devant le Parlement, caméras et journalistes se déploient dès qu'un événement politique le demande. Ces dernières années, c'était souvent. A chaque fois, Steve Bray était là. A se planter, tout sourire, pancartes «Stop Brexit» brandies derrière le journaliste. A hurler «S

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