La trêve n'aura duré que neuf jours. Mise en place pour permettre la signature samedi d'un accord entre Etats-Unis et talibans, elle s'est achevée lundi avec un attentat dans l'est de l'Afghanistan. Au moins trois civils ont été tués et onze autres blessés, selon les autorités locales. Actée le 22 février, la «réduction des violences», selon l'expression utilisée par Kaboul et les insurgés, avait été marquée par une baisse des attaques. Elle avait été décrétée comme un test de la volonté des talibans, des forces américaines et afghanes d'avancer vers ce qui pourrait ressembler à la paix après dix-huit ans de guerre. «Conformément à l'accord, nos moudjahidin n'attaqueront pas les forces étrangères, mais nos opérations continueront contre les forces du gouvernement de Kaboul», a déclaré le porte-parole des talibans à l'AFP.
Comme prévu, l'accord entre Washington et les insurgés a été signé samedi à Doha. Les Etats-Unis et leurs alliés s'engagent à retirer leurs soldats sous quatorze mois. En contrepartie, les talibans renoncent à soutenir des jihadistes qui pourraient s'en prendre aux intérêts américains et à ceux de leurs alliés. Autre point essentiel : l'ouverture de négociations «intra-afghanes» entre pouvoir de Kaboul et insurgés. Ce sont elles qui doivent marquer le début du processus de paix. Elles doivent s'ouvrir dès le 10 mars, à Oslo. Mais lundi, les talibans ont annoncé qu'ils refusaient d'y participer. En cause : la question des prisonniers. L'accord de Doha prévoyait que 5 000 talibans seraient relâchés par le gouvernement et 1 000 soldats et policiers par les talibans. Mais dimanche, le président Ghani s'y opposait. «Les talibans ont tout intérêt à faire traîner les négociations. Ils seront d'autant plus en position de force que la date de retrait des troupes étrangères sera proche, explique Adam Baczko, chercheur au Centre de recherches internationales. Les talibans ont obtenu à Doha la reddition américaine, ils veulent désormais le pouvoir central.»




