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En Colombie, regagner du terrain contre le poison de la mine

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Dans la région du Chocó, à la biodiversité très riche, le WWF et les populations locales tentent de restaurer les terres et le fleuve dégradés par l'exploitation minière.

A Bojayá, sur les rives de la rivière Atrato, en 2018. (Nadège Mazars/Photo Nadege Mazars)
ParAnne Proenza
correspondante à Bogota
Publié le 30/04/2020 à 17h53, mis à jour le 07/05/2020 à 12h12

Chaque mois, Libération creuse une thématique environnementale. Après la chasse et le ski, troisième épisode, pourquoi préserver la biodiversité, c'est préserver notre santé.

C’est une des régions les plus oubliées de Colombie. Le bassin du fleuve Atrato, qui déroule ses 750 km à travers la forêt tropicale du Pacifique jusqu’à déboucher dans la mer des Caraïbes. Une des régions les plus pluvieuses de la planète, à la biodiversité incroyable et dont les sous-sols regorgent d’or et autres minéraux.

Les populations afro-colombiennes (descendantes des esclaves amenés de force par les Espagnols pour travailler dans les mines d’or, d’argent et de platine) et les Amérindiens originaires du lieu y survivent tant bien que mal, victimes du long conflit colombien qui n’en finit pas, des trafiquants et prédateurs de la forêt en tout genre et de l’abandon de l’Etat en général. Parmi les mille et une calamités du département du Chocó, la pollution au mercure, fruit de décennies d’exploitation minière en majorité illégale, qui se répand dans l’eau, se retrouve dans les poissons puis affecte gravement la santé des populations, n’est pas la moindre.

Un technicien de l'université de Magdalena vient tous les jours mesurer les poissons pêchés dans la rivière. L’étude sert à évaluer toutes les mutations que subissent les poissons, plus particulièrement dues au mercure. 

Photo Nadèg

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