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Reportage

Etats-Unis : «Ça ne peut plus s’arrêter, c’est trop tard, c’est partout»

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La mort le 25 mai à Minneapolis de George Floyd, causée par un policier blanc, a ravivé la fracture raciale aux Etats-Unis, secoués depuis par des manifestations pacifiques et des émeutes violentes.

Vendredi, à San José (Californie). (Photo Dai Sugano . MediaNews Group . The Mercury News . Getty Images)
ParIsabelle Hanne
Envoyée spéciale à Minneapolis (Minnesota)
Publié le 01/06/2020 à 20h31

Pelles, balais et sacs-poubelles à la main, des groupes d'amis et des familles sillonnent Minneapolis. A pied d'œuvre, spontanément, pour nettoyer la plus grande ville du Minnesota, après une semaine de manifestations quotidiennes, qui se sont muées en émeutes destructrices dans certains quartiers. «Le soir, je manifeste, et le matin, je nettoie», lance fièrement Keisha, une étudiante, en balayant des bris de verre. Comme des départs de feu dans tout le pays, des dizaines de villes ont emboîté le pas à Minneapolis, avec des rassemblements de New York à Atlanta, de Washington à Los Angeles. La mort le 25 mai de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, aux mains d'un policier blanc lors de son interpellation, a catalysé la colère et l'exaspération face à des décennies de brutalités policières contre les Noirs aux Etats-Unis, largement restées impunies.

Les rassemblements pacifiques ont été éclipsés par les images d'affrontements parfois tendus entre manifestants et policiers, un peu partout dans le pays. Malgré les couvre-feux en place dans une quinzaine d'Etats et le déploiement de la Garde nationale, des routes ont été coupées, des voitures incendiées et des commerces pillés. «Je ne suis pas favorable à la violence, mais je la vois comme le

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