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Portrait

Abdallah Chatila, pile et face

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Cet homme d’affaires libano-suisse, spéculateur et philanthrope, veut faire d’une usine bretonne un leader européen des masques chirurgicaux.

(Photo Niels Ackermann. Lundi 13 pour Libération)
ParQuentin Girard
Photo Niels Ackermann. Lundi 13
Publié le 05/06/2020 à 17h56

L'objet de l'année est d'ores et déjà connu : ce sera le masque. Celui dont on n'avait pas besoin quand la «grippette» arrivait. Celui qu'on attendait ensuite fébrilement par avion. Celui qu'on porte désormais pour se déplacer, déjà étendard hygiénique, bientôt accessoire de mode. Et celui qu'on a encore bien du mal à fabriquer en France, la faute à la désindustrialisation et à la baisse des commandes de l'Etat. Alors, lorsqu'Abdallah Chatila est apparu, «milliardaire libano-suisse» venu transformer une usine désaffectée à Ploufragan, en Bretagne, on y a vu une figure de sauveur, et aussi un motif d'étonnement. Le parfait inconnu pour nous Français, grand sourire et sweat à capuche florale, est-il crédible ?

Pourquoi pense-t-il que la production de masques FFP2 et autres «made in Côtes-d'Armor» a un avenir ? Ce n'est pourtant pas son cœur de métier : avec son groupe m3, il a fait fortune dans l'immobilier et, comme il dit, «ses dérivés» : les hôtels, la sécurité, le ménage, la restauration, le fitness, etc. Des business particulièrement sensibles aux pandémies… «Je ne fais pas les masques parce que je crois que le Covid va rester. Je les fais parce que c'est une industrie dont on va toujours avoir besoin. Le corps médical mérite d'en avoir de qualité», explique l'entrepreneur de 45 ans. Après en avoir commandé des millions à la Chine pour les vendre en Suisse, il est persuadé qu'une usine française peut tirer son épingle du jeu. En misant sur la qua

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